Le
volcan Yasur sur l’île de Tanna est l’un des plus connus au monde, tout
simplement car il est si facile d’y accéder. Bien qu’il soit actif, il est très
inhabituel pour lui d’être trop actif pour empêcher son approche. C’est donc
devenu une attraction touristique populaire.
Quand
le capitaine Cook vit pour la première fois Yasur en 1774, il le compara au
Stomboli en mer Méditerranée en raison de son rougeoiement constant la nuit,
comme une balise.
Il
existe différents types de volcans et un même volcan peut avoir des éruptions
différentes. Pour distinguer les types de volcan et d’éruption, on leur donne
des noms.
Coïncidents
avec les descriptions de Cook, Yasur a souvent des éruptions que les
volcanologues appellent Stroboliennes , recrachant des caillots, ou des
fontaines de magma depuis un cratère central.

Le
volcan Yasur à l’aurore. Remarquez le brouillard sur le lac Siwi à la base du
volcan.
Photo : Sonny
Pour la plus grande part, néanmoins,
Yasur est davantage un volcan de type Vulcanien : où de larges blocs et des
caillots de lave visqueuse sont recrachés. C’est ce que la plupart des gens
voient lorsqu’ils se tiennent en bordure du Yasur et le regardent. Généralement,
les blocs ne sont pas recrachés trop haut et ne sont donc pas dangereux.
Parce que les éruptions ont été différentes tout au long des années, le Yasur est fait de différents types de roches et est étiqueté strato (plusieurs couches ou strates) volcan.

Yasur et le lac
Siwi
Photo : Sonny
En
d’autres termes il fut construit à la fois par des coulées de lave et des
éléments pyroclastiques. Les éruptions pyroclastiques apparaissent quand le
magma monte jusqu’à un dôme qui éventuellement peut engendrer des
avalanches.
Appelée
nuée ardente, le flot pyroclastique est une combinaison de cristaux de fragments
de lave, de morceaux de verre, de cendre et de vapeur en rotation, de nuages
rôtissant qui peuvent bouger à plus de 160 km/h à côté du volcan.
De
tels flots pyroclastiques ne font pas tant que cela de dommages autour du Yasur
tout simplement car le volcan n’est pas si grand que cela. Toutefois, le Yasur fut
connu pour causer un raz de marée et parfois les nuages de cendres ont atteint
2000m. Avec toute cette cendre tombant sur différentes parties de l’île,
combinée avec la nature acide des retombées, de gros dégâts peuvent être causés
dans des jardins dont les habitants ont besoin pour vivre. Les gens vivant ici
n’ont pas de revenus financiers et vivent de leurs jardins. Ainsi, plusieurs
fois les années passées, le Tanna a eu des conséquences très fâcheuses.
L’autre
aspect des retombées de cendres est qu’elles constituent ensuite de la boue
solide. Mais quand il pleut beaucoup, la boue peut entraîner des glissements de
terrain et enterrer tout un village.
Ce
croisement entre le manteau supérieur et la croûte sous le Yasur montre que la
plaque australienne bougeant vers l’est, est ici faite de croûte et d’un manteau
supérieur (noir), subit la subduction sous la plaque pacifique bougeant vers
l’ouest (marron). Le Yasur est sur la plaque pacifique.
L’épicentre
des tremblements de terre qui se produisent est sur la plaque subissant la
subduction. En les regardant, les scientifiques peuvent dire que les plaques à
subduction s’enfoncent au moins de 250 km dans l’asthenosphère (marron/orange
clair).
Le
magma est fait là où le manteau est modifié dans l’asthénosphère en raison de la
fuite de liquide de la plaque en subduction. Il force ensuite sa route jusqu’aux
failles dans la plaque supérieure. Quelques-unes unes de ces failles parviennent
à la surface et forme des volcans.
Pour
ceux qui vivent sur l’île, il est de notoriété publique que le Yasur est actif
autour de fin février jusqu’en avril. Cette période correspond à la saison
humide. Beaucoup de pluie signifie de gros niveaux de nappes phréatiques
permettant à l’eau de rentrer en contact avec des roches chaudes autour de la
chambre de magma.
Des
explosions phréatiques (eau et roche chaude – pas le magna) sont réputées se
produire, mais dire que cela a quelque chose à voir avec la saison humide n’est
que pure spéculation. Toutefois, c’est un fait que cette période de l’année
est la plus spectaculaire et le volcan est généralement très calme la
saison sèche.

Cette photo de nuit montre
trois orifices actifs, l’un derrière l’autre vu depuis cet angle (faisant face à
l’est). Les orifices sont jaunes brillants, celui qui est au milieu étant le
plus dur à voir car celui de devant est le plus actif. Les éruptions ne se font
pas toutes en une fois, néanmoins la photo fut prise sur une petite durée, à
peine plus de 2 minutes. On peu dire que le 3ème orifice fut le dernier à cracher car certaines
effusions de magma étaient encore en l’air quand la photo fut prise, en
laissant des traces rouges qui n’avaient pas encore touché
terre.
Photo :
Sonny
L’une
des questions les plus fréquentes est, est ce que quelqu’un est déjà tomber
dedans ? La réponse est non, probablement parce que l’air chaud est
constamment envoyer vers le haut, poussant quasiment les gens en arrière en
bordure. Cela peut être parfois si puissant que les pieds des appareils photos
sont frappés en arrière.
Il
y a quelques années, pendant mars et avril, trois personnes furent tuées en deux
semaines quand elles se tenaient relativement proche des jaillissements de lave.
Ce fut pendant la saison sèche et le Yasur était plus actif que d’habitude.
Malheureusement, ces personnes s’étaient rendus dans des zones en bordure de
l’orifice qui est normalement fermé aux touristes, en raison des dangers
potentiels. Le premier incident, un ni-vanuatu de Tanna d’un autre côté de l’île
s’était rendu seul au volcan, et fut frappé à la jambe par un morceau de lave. Au lieu de consulter un
docteur, il alla chercher des remèdes par les plantes ; il a dû saigner à
mort.
Le
second incident, un guide et une touriste furent tués car la touriste insista
pour aller dans une zone dangereuse et le guide l’accompagna. Tous les deux
furent frappés par des blocs de laves et moururent
instantanément.
Par
la suite, la bordure supérieure du volcan fut fermée jusqu’à ce que l’activité se
calme quelques semaines plus tard. Toutefois la leçon est ici qu’il faut rester
sur le chemin dans les endroits dangereux. Les volcans ne sont pas des parcs à
thèmes, ils représentent la nature dans son côté le plus fabuleux – et le plus
dur à prévoir.