James
Michener immortalisa l’île d’Ambae pendant la 2ème guerre mondiale quand, depuis
son poste sur Espiritu Santo, il la regarda mystérieusement disparaître dans le
brouillard matinal. – l’île magique de Bali Hai était née dans son
imagination.
Bali Hai – Ambae… pour plus d’une génération a évoqué la vision mystique,
d’un paradis primitif et magique. Ambae, île exceptionnellement belle avec
une disparition légendaire assez vraie. Vue depuis la côte est de Santo, l’île
est une pyramide bleu clair remontant de l’océan dans la lumière claire du
matin. Mais dès que le soleil s’élève dans le ciel, excepté quelques rares
journées claires, l’île disparaît rapidement sous une brume marine
éblouissante.
La
forme pyramidale de Ambae est due à ses origines volcaniques. De loin le volcan
le plus grand des Vanuatu (sa base est 3000m sous le niveau de la mer !),
Ambae surpris ses habitants en se réveillant en 1991 après un sommeil de 400
ans.
Deux
lacs cratères jumeaux ornent cette île de jungle. Les lacs distinctifs bleus et
verts brillants sont rarement visibles, car la grande île (1600m) est en
permanence sous des nuages pluvieux faisant parti d’un micro climat formé en
partie d’une forêt tropicale verdoyante. Sur les quelques jours dans l’année où
les lacs peuvent être vus depuis le ciel, ce sont de vrais petits joyaux blottit
dans un cadre verdoyant.
Mais
un pilote de la Vanair (compagnie locale) fut plus que surpris lorsqu’il vit
trois zones « bouillonnantes » avec des bulles énormes (10m de
diamètre) et une végétation brûlée sur le bord du lac Voui le 13 juillet 1991.
Le pilote avait encore vu cette zone verte et luxuriante 2 mois
auparavant.
Le 24
juillet 1991, une étude aérienne montra 3 zones d’eau jaunie sur le lac Voui ainsi
que des brûlures sur la végétation, plus probablement à cause de dépôt de
dioxyde de sulfure, sur tout le bord du cratère, 120m au-dessus du lac. Non
remarqué par les autochtones, cet événement marqua la fin d’une longue période
de quiétude.
Pendant les 3 années suivantes, une augmentation en nombre
et en intensité des tremblements de terre ainsi qu’une écume inhabituelle et de
hautes températures dans le lac furent suffisantes pour décréter un plan
d’évacuation. Plus de 3500 personnes vivent dans les 10 km autour du volcan. Des
coulées de boue (lahars) étaient réputées pour anéantir des villages entiers
donc l’alerte fut prise très au sérieux. Les plans d’évacuation inclurent le
déplacement des habitants des zones de l’île qui pouvait être touchées en cas de
forte intensité d’une éruption (voir la description de l'eruption
d'Ambrym en 1913).
Bien
que la température du lac baissa et que l’activité semblait se calmer, les
habitants et le bureau des catastrophes nationales ne pensèrent pas pour autant
que tout allait bien. Ainsi, le 1er mars 1995, un pilote de la Vanair nota que
le lac Voui était calme avec des gazes s’échappant dans de nombreux endroits,
mais les jours suivants, le lac était vaporeux de partout, faisant des bulles en
son centre. Sa surface était dure et soufflait des sédiments noirs. Tôt le matin
du 3 mars les habitants de Santo, à 70km de là, virent des gazes montant à 2 ou
3 km au-dessus du lac Voui. Simultanément, une activité sismique de la croûte
(des tremblements de terre peu profonds associés à une activité volcanique)
était enregistrée.
Du 4 au 6 mars, des géophysiciens d’ORSTOM, Port-Vila, se rendirent à Ambae
et enregistrèrent une secousse continuelle à Ndui Ndui, environ 9km au nord
ouest du principal cratère. Leur lecture indiqua une éruption imminente possible
avec un VEI de 3,5 à 4. Les chances d’éruptions ? 70%.
Suivant
quelques fausses alertes, Ambae démontra combien la science pour prévoir les
éruptions était inexacte. Il retomba une nouvelle fois dans le sommeil et resta
calme jusqu’à cet écrit (tôt en 1999), toutefois, Ambae, Bali Hai, est
habituellement considéré comme le plus dangereux des volcans de
Vanuatu.