Pendant des siècles, les Chinois furent les principaux consommateurs de l’arbre aromatique du bois de santal, s’en servant comme de l’encens ou pour sculpter des boîtes ornementales et fabriquer des armoires de stockage à partir du bois souple. En même temps que la Chine consommait le bois de santal, l’Europe, surtout les anglais, consommait de grosses quantités de thé. Ainsi, les commerçants anglais utilisaient souvent du bois de santal pour commercer du thé avec les Chinois. Quand le bois de santal commença à se faire rare, l’abominable opium fut échangé pour compenser la soif inépanchable en thé de l’Europe. Le bois de santal était une denrée à échanger plus saine que l’opium. Néanmoins les années 1820 virent les réserves en bois de santal de l’hémisphère Nord s’épuiser.
Quand Peter Dillon, l’explorateur et commerçant irlandais, observa que
Erromango était tout simplement recouverte de bois de santal, il créa un afflux de commerçants dans l’île pour récolter le précieux bois.
Comme Erromango,
Efate,
Aneityum,
Tanna et
Santo.
furent aussi découvertes très tôt pour abriter l’arbre odorant.
Initialement, une compensation telle que du métal, une chèvre, un chien ou un chat suffisait à l’échange pour un chargement complet en bois de santal du bateau. Néanmoins le bois de santal est un arbre grandissant très lentement et les Ni–Vanuatu (habitants de Vanuatu) devinrent plus exigeant en même temps que les forêts de bois de santal diminuaient de façon considérable.
Ni–Vanuatu, avec ses îles distinctes, ses cultures, son héritage génétique et ses nombreux langages, était plus ou moins toujours en guerre avec les villages environnants. Ils prirent la décision que si un villageois d’un quelconque autre village les blessait ou les abîmait de quelque façon que ce soit, alors le village tout entier de cette personne était responsable et que la vengeance devait être appliquée sur la tribu entière. Et ils virent toute personne blanche arrivant en bateau comme une seule tribu.
Les années suivantes, les villages demandèrent différentes formes de paiement pour leur bois de santal : des armes a feu, du tabac, des rivaux d’autres villages (qu’ils mangeaient) ou l’usage de canons pour faire face a l’opposition d’un autre village. Les commerçants rencontrèrent une opposition violente dans certains endroits et répondirent avec violence. L’équipage des vaisseaux ne furent pas les plus corrects. Ils abattirent souvent le bois de santal sans prêter aucune attention aux propriétaires ou aux droits de possession traditionnels. Les commerçants trompaient souvent les villages sur les paiements en se faisant ainsi de nouveaux ennemis. Ceci aboutit à de violentes attaques chaque fois qu’un commerçant blanc passait. Le résultat fut un prétexte bienvenu pour justifier une guerre d’extermination de la part des commerçants blancs.
Un incident, certainement pas isolé mais significatif de la cruauté dont firent preuve les commerçants, fut de tuer trente personnes (hommes, femmes et enfants) de l’île de Lelepa, au nord de Efate, en les enfermant dans la grotte de Feles par des buissons et des taillis puis d’y mettre le feu. Ceux qui ne furent pas tués brûlés vifs moururent de suffocation. Ils n’étaient pas vus comme humains mais comme des bêtes sauvages qui valait mieux exterminer pour le bien de tous.
Erromago, où les plus larges zones de bois de santal furent localisées, souffrit encore plus, avec deux épidémies de dyssentrie (1840) et de rougeole (1861), réduisant une population dense à seulement 800 personnes.
En 1860, la plupart des zones de bois de santal accessibles étaient considérablement diminuées et des milliers d’indigènes qui n’avaient rien demandés étaient massacrés.
Comme le commerce lucratif des arbres ne fut plus une source de revenue, les commerçants tournèrent leur attention aux personnes elles–mêmes.
Les aborigènes australiens ne furent pas de bons paysans pour les plantations de sucre du Queensland. Les îles Fidji eurent aussi besoin de main–d’oeuvre pour leur plantation de sucre. La Nouvelle Calédonie avait elle besoin de travailleurs pour ses mines. La saison fut ouverte pour Ni–Vanuatu dans ce qui devint un commerce connu sous le nom de traite des noirs. Alors que la traite de noirs était souvent associée à la paysannerie, par laquelle les indigènes étaient employés pour 3 ans en échange d’un salaire et d’une maison, il s’agissait en fait de parfait esclavage.
Pendant les quarante ans qui ont suivi, ce commerce continua sans relâche en dépit de l’introduction de lois régissant la paysannerie supposées protéger les droits des Ni–Vanuatu. Il s’agissait en fait de légitimer leur affreux traitement. Ceux qui étaient plus libres dans les faits étaient en fait dans une position pire que les parfaits esclaves car s’ils mouraient alors que leur contrat allait prendre fin, ils n’étaient ni payés, ni renvoyés chez eux. Un peu moins de 20% revirent leur maison.
C’est seulement en 1901, quand l’Australie introduisit la Charte Paysanne du Pacifique Sud, dans une politique se referant familièrement à la Politique Australienne Blanche, empêchant l’immigration de quiconque sauf les blancs, que ce soit pour travailler ou s’établir, que le commerce cessa finalement.
La population de ces îles diminua radicalement. Les habitants étant sur le point de perdre beaucoup de leur héritage culturel alors que les missionnaires allaient maintenant entrer en scène