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Roymata - Ancien Roi 

 

Dans une culture où les langages ne sont pas écrits, les traditions orales se transmettent fidèlement de génération en génération. La précision de telles histoires est souvent discutée par les cultures de l'Ouest, comme quoi ce qui est entendu peut être modifié. Et en tous les cas, comment séparer les faits des légendes ?

A travers le milieu et le centre des îles de Vanuatu existait l’histoire d’un grand homme très puissant, un grand chef parmi les grands chefs. Il prit donc le titre de roi. Avec un très fort sens du magnétisme, Roymata, ainsi va l’histoire, unifia les tribus guerrières et cannibales de la zone en un groupe uni, paisible prenant place dans une douce période dont on se rappelle comme les années Halcyons. Mais la jalousie mit fin à la vie révérée de cet homme, quand son frère lui fit ingurgiter un poison. Il ne mourut pas rapidement, mais souffrit d’un long malaise. Sa famille et son clan transportèrent l’homme très faible autour de l’île d’Efate, pour dire adieu à ceux qu’il avait unifié puis fut emmené dans la fameuse Grotte Feles sur l’île de Lelepa où il mourut.

Il fut ensuite raconté comment il fut transporté à Devil’s Point, l’entrée vers le monde sous terrain, et à travers les cavernes sous–marines de Tukutuku, près de l’île proche ou Retoka (île de Hat) où il fut enterré. Et, disent les légendes, avec lui, en suivant les coutumes de cette période, des hommes et des femmes furent enterrés avec lui. Mais peut être ne sont que de fausses allégations celles qui affirment que beaucoup de ces personnes entrèrent dans leur tombeau vivantes.

Dans quelle mesure la légende est vraie ? L’un des aspects raconte comment les eaux entre Tukutuku et l’île de Retoka se séparèrent pour laisser passer le cortège. Ces faits ne sont sûrement pas vérifiés. Pour les cavernes de Tukutuku, ils sont bien réels. Les tunnels de lave et les coulées de lave ont créé un labyrinthe sous–marin qui pourrait facilement faire penser qu’il mène au monde sous–terrain mythique. Mais les grottes ont été fouillées de manière extensive et ne mènent pas à l’île de Hat.

De quand date cette histoire ? * Par filiation maternelle, les habitants de Tongoa (qui possède une histoire orale remontant à leurs premières installations il y a 5000 ans) la situe autour de l’an 1265. de notre ère.

Un tabou de 700 ans, sur la souffrance de la mort a été placé à Retoka, plus communément appelée l’île de Hat. Personne ne vécu là et peu eurent le courage d’y dormir ou même d’y aller, en dépit de la richesse des oeufs de tortues et des nombreux poissons. Hat était connu comme l’île du mort ou l’île fantôme.

mass burial site plan

En 1967 un archéologue français, Jose Garanger, proposa de chercher la tombe de Roymata pour déterminer s’il exista vraiment ou s’il n’était qu’une figure mythologique. Les chefs de Lelepa, également curieux, donnèrent leur feu vert à condition que la tombe retourne en l’état après les investigations.

Sur Retoka, le site fut de manière surprenante facile à trouver, de manière surprenante. 2 plaques de pierre, à la base d’un gros arbre blanc où se trouvait une clairière naturelle à seulement 100m de la plage, sur le côté Nord–Est de la petite île.

La tradition orale disait qu’aucun arbre ou buisson ne prendrait place sur le site de la tombe de Roymata.

Sur une zone de 20m x 10m, l’équipe archéologique creusa sur environ 1m... découvrant minutieusement les squelettes au fur et à mesure qu’ils apparaissaient. Une nouvelle fois, comme le racontait l’histoire orale, ils trouvèrent 47 squelettes. Pendant que les os étaient découvert, il devint rapidement évident qu’un gros cimetière prenait place ici. Au final, avec le site entièrement découvert, les preuves furent pleinement documentées et photographiées avant que le site ne soit remis dans son état habituel, avec de riches ornements.

buried couple

Les informations sur le site et l’histoire orale ont dépeint une histoire incroyable. Peut être plus incroyable est la précision de la légende. 47 squelettes furent déterrés, le carbone 14 datant leur mort entre 1250 et 1300 de notre ère. Ces faits allèrent dans le sens de l’histoire orale. Et de telles histoires laissèrent voir ce que les découvertes au site voulaient vraiment dire.

Cela dû être un grand événement. Des centaines d’hommages avaient accompagné Roymata dans sa dernière demeure. 46 personnes ne le quittèrent pas. De grands cimetières étaient d’usage pour les grands chefs jusqu’à l’arrivée des européens. Traditionnellement, quand un chef important mourait, il demandait à sa famille et ses proches de l’accompagner dans son séjour dans le monde sous–terrain.

Au moins l’une de ces femmes devait l’accompagner – Roymata était connu pour en avoir eu 10.

Sur la liste des sacrifices s’ajoutaient aussi les plus vieux, les malades incurables et les handicapés, les enfants dont la mère était décédée en couche, les femmes de chefs moindre dont une fille était morte, les sorcières docteurs et les femmes de sorciers morts. D’un point de vue pratique, c’était un nettoyage des personnes économiquement improductives, et de celles qui auraient pu causer la mort d’autres personnes.

Pour les hommes, être enterré vivant suivait la cérémonie de kava rituelle. Mais à cette occasion, le kava était mélangé à un soporifique. Mais les femmes n’étaient pas autorisées à boire du kava, alors elles étaient enterrées vivantes avec courage ou étranglées puis posées à côté de leurs maris. Tous étaient orientés vers le Sud–Ouest pour que leurs esprits entrent dans le “pays des morts”, au–delà du Devil’s Point.

Ceux enterrés le plus près de Roymata étaient richement ornés avec des bracelets, des colliers, des coquillages ou des os sculptés. C’était plus probablement de la famille immédiate ou d’honorables volontaires. Les bras de Roymata étaient entourés de défenses de porcs de fortes valeurs, et des coquillages de magie blanche étaient stratégiquement placés autour de son corps. Sa tête était supportée par une plaque dressée de calcaire.

Beaucoup de crânes apparaissent allongés, suivant la mode de quelques îles du Nord pour étendre le crâne en faisant des incisions après la naissance.

L’île de Hat n’est plus tabou. Les propriétaires traditionnels sont les habitants de Lelepa, quelques–uns uns d’entre eux affrétèrent un vaisseau “Touvannah”, qui pouvait être utilisé pour explorer les tombes de Hat et Roymata.

* Filiation maternelle. Où l’héritage des familles se fait par la ligne maternelle, pas par celle du père. C’est plus pratique car quand un enfant naît, on est sûr que sa mère est sa mère mais pas que le père déclaré soit le vrai père. Roymata introduisit ce système dans les îles.


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