Durant
la fin du 19eme siècle, les planteurs tout comme les missionnaires commencèrent
à coloniser les îles qui allaient devenir connus comme les Nouvelles Hébrides.
Les guerriers anglais patrouillaient les eaux de façon irrégulière, pour
secourir ceux qui s’y établissaient
et contrôler le commerce du bois de santal. En 1875, les habitants de
Tannese, principalement catholique, écrivirent au gouvernement français en
suggérant que les îles soient annexées au gouvernement français (catholique). En
1876, les planteurs à Efate envoyèrent une requête similaire. Les missionnaires
presbytériens virent cela comme une menace et engagèrent rapidement une campagne
de presse en Australie et en Angleterre, pour annexer les Nouvelles Hébrides à
l’Angleterre.
Les
gouvernements français et anglais s’assurent mutuellement de ne pas désirer
annexer les îles. Dix années passèrent pendant lesquelles les planteurs français
achetèrent presque toutes les terres utilisables dans l’effort de contrôler
économiquement ce qu’ils ne pouvaient contrôler politiquement. En même temps,
les missionnaires presbytériens
continuèrent leur campagne avec encore plus de vigueur. Finalement, la
France suggéra aux anglais qu’elle échangerait toute requête anglaise contre les
îles Leeward et Newfoundland, en échange des Nouvelles Hébrides. Les anglais ne
furent pas d’accord et les choses restèrent dans l’impasse.
Néanmoins,
entre 1882 et 1886, environ 20 européens furent tués par des villageois locaux.
Il était clair aux yeux des français que les guerriers anglais étaient
incapables de maintenir la paix. La France envoya un détachement de troupes de
Nouvelle Calédonie pour installer des stations a Port Havannah, au Nord d’Efate,
et a Port Sandwich sur Malekula.
Cette
Commission Navale se montra raisonnablement efficace a maintenir l’ordre jusqu’à
ce que les anglais et les français ne commencent à faire des manœuvres
politiques sérieuses à propos des Nouvelles Hébrides. Chacun des
gouvernements envoyèrent des consuls, des hauts commissaires et des gouverneurs pour
prendre en quelques sorte le contrôle des îles. Chacun commença un jeu pour
placer un homme au-dessus hiérarchiquement qui aboutit finalement en
1906 à
la nécessité
d’établir une forme d’accord. Finalement, un accord pour légiférer fut
établi.
Ceci
fut appelé le Condominium. Dans la plupart des cercles il devint connu comme le
Pandemonium (tohu-bohu) et fut probablement la forme de règle la plus inappropriée sous laquelle tout
groupe de personne dut vivre.
Le
Condominium des Nouvelles Hébrides comprenait une cour régit par un juge
espagnol ne parlant ni anglais ni français, un secrétaire hollandais et une
bureaucratie complètement double. Pratiquement, ceci signifiait devoir passer
deux types de douanes a l’arrivée, avoir a faire a deux systèmes de lois fondés
sur des systèmes assez différents, deux prisons (la française servait du vin),
deux hôpitaux, deux... et bien,
deux de tout. C’était très inefficace, incroyablement onéreux en bureaucratie,
et totalement ridicule aux yeux du monde. Jusqu’à la fin de ses jours, Vanuatu
fut en effet régie par les chefs d’état anglais et français, la reine
d’Angleterre et le président français. Ce qui suivit fut si confus que beaucoup
de Ni-Vanuatu croyaient que les deux étaient mariés, mais en raison de relations
alternant entre le chaud et le froid, la paire vivait séparée l’une de l’autre
par le Canal Anglais et beaucoup de disputes. Ceci expliqua les conflits et les
incohérences dans leurs relations – ou un manque de relations – entre le consul
français et le haut commissaire anglais, et les erreurs tragi-comiques qui
apparurent aux Nouvelles Hébrides.
La
ténacité peut être étonnement efficace, et c’est tout ce que cela fut quoi qu’il
en soit. En dépit des prédictions logiques qui
voulaient que le Condominium dure moins de 10 ans, cet état de confusion devait
se prolonger pendant 74 ans. Cela pourrait avoir continué jusqu’à aujourd’hui,
sauf peut être à
cause des germes contentieux apportés par
la deuxième guerre mondiale.